Promets-moi de mentir
préfacé par MARCEL RUFO
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| Paru le 11 janvier 2011 en librairie, grande distribution, internet 18,90€ 230 pages format 150 x 230 ISBN 978-2-36124-034-9 DILISCO CED Distribué en Europe, au Canada.... au Japon !!! |
Promets-moi de mentir
Dans la quiétude provençale perturbée par un doute, puis un drame familial, les lieux où se déroule le roman sont figés dans le temps et leur beauté naturelle est acquise : un village " perché" de Provence et ses vignobles.
Camille quitte Paris avec l'objectif de reconquérir Alex, son compagnon sosie de George Clooney, et elle s'installe dans un mas à La Cadière d'Azur. Grâce aux liens d'estime amicale qu'elle tisse avec son voisin Raphaël, elle comprendra que ce dernier cache à ses enfants, Manon et Paul, un douloureux secret concernant son épouse Marie disparue un an plus tôt.
Camille saura interpréter les silences de Manon et gagner sa confiance, puis persuader Raphaël de révéler la vérité afin que ses enfants ne restent pas dans un déni d'amour supposé les protéger.
Porté par les émotions, entre drame et comédie, ce roman se situe à la croisée de vies dissemblables et riches, de sentiments profonds et authentiques.
Préface de Marcel Rufo
On est chez nous !
Incroyable balade que celle proposée par Nicole Delor : La Cadière d’Azur quelle dénomination sublime ! est un joyau merveilleusement conservé dans une région mitée par l’immobilier. Ce village, avec ses toits et ses ruelles, est comme la crèche de nos enfances malgré l’amputation de son dialogue inter-collines avec Le Castellet par l’épouvantable autoroute qui aurait dû passer plus au nord. Le village malade a survécu à ce coup de hache et a maintenu sa présence au sein d’un vignoble exceptionnel, dont le produit se déverse dans une coopérative qui ressemble fort à celles du Haut-Var, lui aussi gravement menacé par le fait que ces lieux divins deviennent des lieux-dortoirs. En plus, le héros va à Toulon, à Cassis, dans ce va-et-vient du monde à conquérir qui fut le nôtre à l’adolescence. Une belle histoire d’amour, entre celui du Sud et celui du Nord.
Une petite fille qui retentit tellement sur la petite fille que fut Camille la narratrice, pas bien traitée par sa maman, mais si importante pour l’enfant dont la mère a disparu. Qui n’a pas eu ce type de peur dans son enfance ? Qui n’a pas été ému par une petite abandonnée ? Qui n’a pas rêvé d’une folle de vieille tante incroyablement jeune pour toujours ? Sans oublier la présence d’un chat et d’une piscine dans l’azur (comme le village).
Régalez-vous, plongez-vous aussi dans cette histoire, vous y retrouverez des goûts d’enfance, des histoires d’amour et si, comme nous, vous n’avez pas la chance d’être habitué à cet endroit magique, allez y faire un tour pour en goûter à votre tour la saveur.
Bonne route.
Marcel Rufo, Pédopsychiatre
Introduction de Robert Vigouroux
Les inconnus qui parsèment la vie de chacun demeurent personnels, mais ceux d'un roman se partagent avec l'ensemble des lecteurs qui les découvrent, parfois les interprètent ou encore les imaginent à l'avance. L'auteur est maître. Il peut jouer avec l'imprévu. De page en page, il révèle sa vérité que nul ne peut contester (ce pourquoi il ne faut jamais commencer un roman pour sa fin).
Nous pouvons en parler, en discuter entre nous, mais nous n'avons aucun contact, aucune influence sur les personnages d'un livre qui détient leurs secrets.
Nous aimons, nous critiquons, pouvons comprendre ou condamner ces êtres fictifs qui peuplent notre mémoire de lecteur, mais demeurent dans un autre monde qui ignore notre moi.
Un regard sur une statue, un tableau, une architecture, un panorama… peut engendrer un plaisir et même l'amour, d'autres regards, d'autres objets, l'indifférence et même un rejet. Mais dans tous ces cas, la rencontre est momentanée. Elle s'inscrit dans la mémoire ou demeure sans lendemain. Bien des souvenirs s'effacent avec le temps (ils resurgissent parfois à la vue d'une photographie…). Les lecteurs peuvent conserver les livres qu'ils ont aimés à leurs côtés et les rouvrir. Esprit de possession ? Non, de partage, de liaison matérielle entre l'écriture et la lecture. Le livre, les livres, rangés dans nos bibliothèques, restent à portée de main.
L'oiseau qui traverse le ciel, le massif de l'Étoile, peuvent être fixés par un instantané photographique. Mais la Colombe de Picasso, les tableaux célèbres de Cézanne ajoutent un plus. L'imprévu et la pérennité s'additionnent. La culture ignore les soustractions.
Les lieux où se déroule le roman Promets-moi de mentir de Nicole Delor sont figés dans le temps de par leur beauté naturelle et acquise : un village perché de Provence, La Cadière d'Azur et ses environs, séparé par une vallée et le fleuve à double voie de l'A 50, d'un autre village « perché », fortifié, Le Castellet.
Les deux villages ont leur propre histoire. Ils se regardent de loin, sans être concurrents. Ils ont leurs attraits, leur personnalité. Sur leurs blasons respectifs pourrait s'inscrire « À voir et à revoir ».
C'est dans les environs pentus de La Cadière d'Azur, leurs vignes et leurs oliviers, que l'auteur nous fait partager la vie des personnages qu'elle a créés, leurs amours et le drame qui les rapproche et les sépare, entre le mensonge et la vérité. En quelques phrases le décor est dressé. Celui d'une Provence conservée depuis des siècles et des siècles. En vous promenant dans cette campagne, vous trouverez peut-être un silex néolithique.
La Cadière d'Azur a traversé les temps et leurs péripéties sous de successives dominations en vivant essentiellement de ses vignes et ses oliviers. S'ajoute un tourisme calme dans le calme.
Cette sagesse ne date pas d'hier : le conseil du village, en 1549, a décidé la construction d'une horloge et l'horloge terminée, en 1551, a fait élever une tour afin d'y placer l'horloge. Le conseil était clairvoyant. Une tour sans horloge pouvait perdurer, une horloge clouée au sol plus difficilement. Une bonne gestion financière dans cette programmation un peu surprenante de prime abord.
Dans son roman Nicole Delor façonne ses personnages à petites touches, dans une quiétude provençale perturbée par un doute, puis un drame familial qu'elle laisse progressivement se dévoiler. Elle associe dialogues, réflexions, descriptions, mêle les générations, la simplicité campagnarde et les exigences d'une vie parisienne en milieu affairiste (y compris dans les beaux arts).
Robert VIGOUROUX
Professeur de médecine, neurochirurgien
Sénateur Maire de Marseille de 1986 à 1995
Extraits
Manon et Camille :
" La première fois que j'ai rencontré Manon, j'ai eu l'impression de la connaître et je suis certaine qu'elle a ressenti la même émotion que moi. Nous aurions pu mettre cela sur le compte de notre ressemblance : des cheveux blonds, un visage fin, ou le bleu azur de nos yeux ; mais il s'agissait d'autre chose...
J'ai vite compris que mon voisin Raphaël, le père de Manon, cachait un secret concernant son épouse Marie disparue un an plus tôt. Depuis personne n'avait revu Marie."
Raphaël :
" La tentation d’épier Raphaël fut la plus forte. Consciente que cet homme m'attirait autant qu'il m'effrayait, j’ôtai les cuillères qui bloquaient la porte de la chambre de communication, puis je la poussai avec précaution pour éviter qu’elle ne grince et signale ma présence.
La musique provenait d’en bas, je me déchaussai, et sur la pointe des pieds, j’avançai jusqu’à l’escalier. Je dus m’accroupir pour distinguer Raphaël, assis dans un rocking-chair devant une cheminée éteinte ; ses jeans, sa chemise blanche aux manches retroussées et son gilet noir… il se balançait et jouait du blues. "
Elise :
" Élise à petite dose, était rafraîchissante ! Toujours pimpante, un jour où je la félicitais de son élégance, elle a tapoté ma main et m’a sermonnée :
– Ma chère Camille, vous êtes jolie et c’est un atout, mais vous seriez belle si vous daigniez avoir une vraie coiffure, comme sur les magazines, si vous échangiez ces pantalons gris contre une robe à la mode, et si vous vous maquilliez un peu. Il faut être « toujours prête », ma petite, c’est important, moi je suis coquette : on ne sait jamais qui je pourrais rencontrer…
Comme d’habitude la vieille dame a soupiré et a arrangé sa mise en plis. Elle a raison, pensais-je, des fois que George Clooney passerait par La Cadière d’Azur ! Accompagné de Brad Pitt !
Sacrée Élise !
J’avais demandé son âge à Raphaël : 77 ans. Mais elle refusait de l’avouer : à 34 ans, elle s’était arrêtée de compter les années pendant près de 10 ans ; plus tard, elle avait définitivement bloqué le compteur à 65 ans. "
Paul :
" Ce mercredi, vers 11 heures, Paul montait Jep pour une première leçon d’équitation dans l’enclos, Raphaël avait cédé : Mich était le cheval de Manon, Jep serait celui de Paul. Il m’avait prêté son appareil pour photographier l’événement. Délaissant la longe, il guidait le cheval, une main passée sous le bridon, lui imposant un rythme lent. Cette étape initiatique, du passage de l’état de bébé à celui de petit garçon advenait juste avant les révélations de Raphaël concernant Marie. Paul, changeant de statut, allait acquérir la capacité de comprendre ses explications alors qu’il venait juste de fêter ses quatre ans.
C’était une matinée ensoleillée, le jeune cavalier, juché sur le lipizzan, auréolé d’un ciel bleu Klein, se rapprochait de nous. Chaque pas du cheval blanc dévoilait sa grâce issue des manèges de Vienne...
Alex :
" Élise a rectifié sa mise en plis, signe de coquetterie et d’irrésistible volonté de séduire :
– Camille, si j’avais trente ans de moins…, il est comme à la télévision…
– … Presque, Élise, presque…
L’immense » Alex est intervenu :
– Mademoiselle Olivier trouve que je ressemble à George Clooney.
– Comme tout le monde et toi en premier ! Quand il était pris en défaut, il rebondissait sans hésitation :
– Élise, vous permettez mademoiselle, que je vous appelle par votre prénom ?
J’ai cru qu’elle s’évanouissait. Elle a chuchoté un « oui » de pâmoison et « l’ineffable » Alex, prêt à concourir pour le meilleur film comique de l’année, a exhibé deux rangées d’incisives d’une blancheur éblouissante ... "

